Le coaching – un calcul

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Pourquoi ferais-je appel à un coach alors que j’ai très bien réussi par moi-même?

La semaine dernière, une connaissance que j’estime beaucoup me réfère un client potentiel. Cette personne confrontait des enjeux concernant sa carrière. Motivé à commencer la démarche. Le moment était propice pour lui. J’avais de la disponibilité et j’étais curieuse d’en savoir plus sur sa situation.

J’ai refusé de prendre le mandat. Pourquoi?

Le coaching – un calcul qui n’est pas que mathématique

Les réponses à mes questions ont révélées que les raisons qui avaient conduites au coaching n’étaient pas les bonnes. Cette personne n’était pas prête à prendre un certain recul, à s’observer, à comprendre comment sa personnalité influence ses façons de faire habituelles, et ce, sur une période suffisante pour permettre un changement. Des ajustements. Faire en sorte que cela fonctionne mieux.

Ce n’était pas tant son souhait d’obtenir 6 mois de résultats en 1 mois de coaching. Il n’était pas prêt à un autre niveau. Un niveau beaucoup plus engageant. Je n’ai pas perdu un client potentiel, j’ai préservé son espace. L’espace requis pour qu’il puisse prendre l’entière responsabilité de son cheminement, à son rythme quand il sera prêt pour le coaching. Je lui ai expliqué. Je sais que lorsque qu’il se manifestera à nouveau, il sera prêt.

Mais qu’en est-il des clients potentiels qui ne se manifestent pas. Qu’est-ce qui les retient de faire le pas?

« Je n’en ai pas besoin. J’ai bâti ma réputation en misant sur le contenu, en obtenant les diplômes des meilleures écoles. C’est ce qui est valorisé dans ma profession. »

On définit l’amateur comme étant celui qui fait des tentatives jusqu’à ce qu’il réussisse. À l’opposé le professionnel est celui qui parfait sa compétence jusqu’à ce qu’aucunes erreurs ne soient possibles.

L’échec n’est pas une option.

Les professionnels ont travaillé très fort pour faire l’acquisition d’une éducation, d’une expertise et enfin, d’un statut qui leur a apporté la reconnaissance, basée avant tout sur leur compétence intellectuelle. Les nombreux diplômes sont accrochés au mur pour le prouver. Et les différents ordres professionnels des avocats, ingénieurs, médecins, etc. s’assurent de bien encadrer tout cela.

Une fois la certification technique bien établie, qui émet le certificat pour la connaissance de soi?

À travers les époques, avec l’accélération des cycles d’adaptation auxquels nous sommes confrontés dans notre société du 21e siècle, jumelée à la quantité phénoménale d’informations à gérer – le savoir-faire et la connaissance ont été et sont toujours très valorisés au détriment d’autres sources d’intelligence.

Nous sommes bien familiers avec nos capacités intellectuelle et rationnelle, c’est ce que nous vendons au quotidien.

Mais qu’en est-il de nos capacités à mobiliser notre instinct, à gérer nos émotions et à décoder nos perceptions, à entrer en relation, à mobiliser nos équipes, nos partenaires.

La compétence intellectuelle ne suffit plus pour atteindre l’excellence. L’introspection doit faire partie de l’équation.

D’autres sources d’informations ont toujours été à notre portée (instinct, émotions, perceptions) et notre capacité à s’y référer a cédé le pavé au cognitif qui prend une grande place dans notre culture (éducation, expérimentation, expertise, perfectionnement). Pourtant, toutes les formes d’intelligence sont nécessaires pour maximiser son potentiel.

Dans le contexte d’aujourd’hui, les compétences techniques ne suffisent plus à elles seules pour répondre aux nombreux défis. À cela s’ajoute la pression liée à la rapidité des interventions, le peu de temps d’interaction et d’échange, l’isolement, créant peu d’occasions pour la rétroaction. Se développer devient plus difficile.

La formation continue, ce n’est pas que des cours ou des conférences. Plusieurs compétences requises dans nos mondes complexes et exigeants ne s’acquièrent pas par le biais de formations traditionnelles. C’est là que le coaching entre en jeu.

« Pour progresser, la recette gagnante est de toujours faire plus avec ce que je connais le mieux. »

Accepteriez-vous d’être imposé à un taux de 85% pour chaque dollar gagné? C’est ce qui vous arrive avec la formation traditionnelle. Dans le mois qui suit la formation, il ne vous restera que 15% de vos apprentissages, en moyenne.

Le coaching est une méthode d’accompagnement et d’apprentissage qui est malheureusement sous utilisée par les professionnels. Cet outil de perfectionnement des compétences a pourtant fait ses preuves. Il a aussi été démontré que le coaching offre des résultats plus durables que la formation traditionnelle.

Comme un vêtement sur-mesure, le coaching s’adapte à vos besoins afin que vous puissiez relever des défis qui sortent de l’ordinaire ; pas simplement répéter ce que vous savez déjà.

Vous n’êtes pas ordinaire, l’endroit où vous vous trouvez présentement dans votre carrière non plus. Alors pourquoi vous satisfaire de méthodes d’apprentissage ordinaires. Le coaching est très efficace pour développer les capacités des performants à haut-potentiel. Quand on combine le quoi au pourquoi, il facilite les transitions.

Prendre de la distance face à l’ordinaire est un aspect essentiel au cycle de développement des leaders.

Je suis un professionnel. Puis-je accorder ma confiance à quelqu’un qui ne l’est pas?

Avant d’être coach, j’ai expérimenté chacune des sphères professionnelles suivantes. J’ai réussi et échoué dans chacune d’elles. Le coaching n’est pas un concept ; c’est l’intégration d’un savoir (connaissances et expériences) dans la réalité.

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Une question que vous devez poser au coach devant vous

Quel a été ton parcours et qu’as-tu fait qui me permet de t’accorder ma confiance?

Le coach ne peut jouer mais il doit comprendre les règles du jeu. Un bon coach est clair. Il incarne la clarté et n’hésite pas à la mettre en évidence à travers sa méthodologie, et dans la rigueur avec laquelle il mesurera les résultats.

De vrais résultats.

Le coach avec lequel vous vous sentirez confortable pourra répondre à cette question. Vous connaîtrez quels sont vos objectifs de développement et quels comportements observables changeront..

Le phénomène 90/38

9 travailleurs américains sur 10 ayant eu accès à du coaching ou du mentorat dans le cadre de leur travail affirment qu’il s’agit d’un outil de développement efficace. Par ailleurs, seulement 38% y ont recours.*

En passant de Est-ce que le coaching fonctionne à Pourquoi cela fonctionne a permis de concentrer les recherches sur les ingrédients nécessaires à un résultat de coaching positif. Les trois facteurs les plus importants sont :

  1. Alliance de travail : La qualité de la relation coach-client compte pour 30% des retombées d’un coaching.
  2. Efficacité personnelle : Un des éléments essentiel à la réussite d’un coaching provient de la capacité du client à croire en ses possibilités.
  3. Facteurs environnementaux/organisationnels : Le système dans lequel le client évolue entre les sessions de coaching, son réseau, la culture organisationnelle, peuvent avoir plus d’impact sur le résultat que le coach lui-même, positivement et négativement !!

Si je travaille avec un coach – qu’est-ce que cela dit à mon sujet?

Tant d’efforts sont consacrés à se forger une identité professionnelle. Le temps consacré à faire sa place, obtenir le respect des collègues et des supérieurs, à se sentir plus compétent, a fini par créer des ornières sur votre route.

Ces traces offrent une certaine sécurité, mais après un temps elles peuvent vous contraindre, vous empêcher de prendre d’autres directions, vous enliser. Difficile d’en sortir et de prendre le recul pour voir qui vous êtes et pourriez être.

Elles deviennent une sorte de diktat, une liste de ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire, de qui vous êtes et comment les autres vous disent que vous êtes. Comme un poisson qui ne voit pas qu’il est entouré d’eau, votre identité vous supporte et vous garde captif à la fois.

Qui mène – ma perception professionnelle ou moi?

Les étiquettes sont utiles. Elles vous facilitent la vie. Mais vivre en fonction de ces étiquettes peut nous limiter au lieu de nous renforcer.

J’ai coaché un directeur de gestion de la qualité – le mandat idéal pour une personne à qui rien n’échappe. La situation s’est compliquée avec la complexité de la tâche, les multiples enjeux qui se bousculaient à la porte du bureau. Ajoutez un patron pris par ses propres défis, des RH débordées et pas très aidantes.

Les journées de 12 heures étaient devenues la norme – « C’est à moi d’assurer le service ! ». Une seule personne face au monde entier, qui allait gagner selon vous? Nos rencontres ont peu à peu mis en lumière que ce besoin de perfection était une étiquette.

Une marque de commerce qui n’était plus très aidante. À mesure que la distance face à cette identité s’installait, la place pour prendre en compte les besoins du système et ce qu’il valorise se créait.

Donc avant d’ignorer votre élan pour un coaching, prenez le temps d’entrer en contact avec vous-même. D’entendre cette voix, souvent silencieuse, qui dit « cela ne fonctionnera pas, cela me rend nerveux, qu’est-ce que mes collègues en penseraient, je me suis bien débrouillé seul jusqu’à présent ».

Écoutez ensuite cette autre voix, celle encore plus silencieuse, souvent bâillonnée par vos identités et vos étiquettes, qui dit « et si c’était ce dont j’ai besoin et que cette personne pouvait m’aider ». C’est le calcul à faire – le coaching vaut-il le coût pour vous?

* Sondage auprès de plus de 1000 travailleurs américains mené par Personnel Decisions.  Source : What is working in coaching, ICF 2015

 

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